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 les stratégies éducatives

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robindesbois

robindesbois

Messages : 3037
Date d'inscription : 25/09/2007

MessageSujet: les stratégies éducatives   Mar 16 Fév - 16:45

J'ai profité de ma semaine de vacances pour traduire et résumer qq chapitres de l'excellent livre: Educating children with Fragile X syndrome.
Comme je pense que cela peut être adapté à beaucoup d'enfants, pas seulement ceux atteints du X fragile, j'ai pensé que ce serait bien de vous le copier ici, alors voilà:



Résumé du livre X fragile : Educating children with Fragile X Sndrome



!!! traduit approximativement de l’anglais !!!





Chapitre 11 : adaptations scolaires



Les personnes X fragiles travaillent mieux avec des tâches familières et répétitives. Les tâches nouvelles sont plus difficiles car requièrent une pensée flexible, un contrôle des impulsions. La familiarité réduit l’anxiété.



Ø Stratégies éducatives



Mathématiques : utiliser du matériel concret, expliquer en imageant, autoriser un laps temps de travail supplémentaire pour limiter l’anxiété, réduire les distractions auditives pendant le temps de travail, utiliser des supports visuels lorsqu’on enseigne un nouveau concept. L’enseignement doit inclure le côté pratique et aussi du renforcement positif. Des compétences de base peuvent être enseignées (identification de chiffres, monnaie, lecture de tables et de recettes…)

Mémoire auditive : donner les instructions spécifiques de manière concrète, simple et lentement, l’élève doit être près de l’enseignant pour assurer l’attention et la concentration, structurer l’environnement pour éliminer les distractions auditives (utiliser des écouteurs, « cabines » ou arrangement d’une place de travail), varier la présentation pour inclure de fréquentes pauses afin de limiter les difficultés d’attention et le manque de concentration.

Organisation visuelle : limiter les copies de matériel écrit, simplifier visuellement le matériel présenté, intégrer des consignes visuelles pour organiser les tâches liées à l’écriture, donner des consignes concrète, permettre un temps supplémentaire pour les travaux d’écriture lorsque nécessaire.

La lecture : apprendre à un enfant X fragile à lire a plus de succès si on le fait en suivant les intérêts de l’enfant et avec une approche globale. Apprendre du vocabulaire spécifique (liste de courses, directions à suivre, recette de cuisine, planning journalier) est essentiel pour acquérir l’indépendance. Utiliser les techniques de phrases à trous marche bien en général pour aider à la compréhension générale. Le lecteur doit remplir les trous, amener l’information nécessaire à la compréhension d’un chapitre. Les personnes X fragiles peuvent apprendre et apprennent à lire, certains avec succès. La technique qui a le plus de succès est l’utilisation d’une approche visuelle et par l’ordinateur pour aider à la compréhension et à l’orientation conceptuelle. Les programmes basés sur les intérêts de l’enfant ont beaucoup de succès, comme par exemple The Logo Reading System (Braden, 1989) qui utilise des logos de fast food pour apprendre la reconnaissance des mots (dixit Sarah : ça c’est bien les américains ;-) )

L’écriture : Les personnes X fragile ont des difficultés à copier de l’information. L’utilisation d’un clavier peut réduire la frustration que peuvent causer les difficultés liées à la motricité fine. Les stratégies sont : stylos adaptés, suivre des lignes, prendre des lettres pour former des mots, des textes à trous, relier des points pour former une ligne, relier des chiffres…



Ø Environnement



L’écolier atteint du X fragile requière un environnement de travail prévisible et cohérent, par ex en utilisant un horaire visuel. Si l’enfant est placé devant dans la classe avec un accès clair vers une porte de sortie, sa concentration s’améliore. Il faut travailler par petits groupes, l’enfant est très sensible au bruit et se couvre les oreilles lorsqu’il y en a trop. Les comportements négatifs comme le fait de battre les bras, bouger et se balancer vont accroître si l’environnement est trop stimulant. L’enfant n’apprécie pas les cafétérias, salles de gym et théâtres. Il faudra l’habituer progressivement et réduire l’anxiété que créent les environnements plus grands et qui contiennent beaucoup de monde.



Ø Développement social



C’est faux d’attendre que le langage se développe pour apprendre les compétences sociales ou développer les interactions sociales, comme l’échange ou le chacun son tour. Favoriser l’interaction dans un groupe d’enfants et proposer des activités calmantes et intégration sensorielle si l’enfant est stressé. Les enfants sont en général facilement intégré car ils participent bien et c’est « fun » de passer du temps avec eux. Il est important de leur permettre des activités avec enfants du même âge pour favoriser l’imitation qui leur sera bénéfique dans leur vie future.







Chapitre 12 : Stratégies scolaires pour X fragile et autisme





Ø Règles d’or



- rester calme

- penser ce qu’on dit et dire ce qu’on pense

- rehausser l’estime de soi de l’enfant

- rester derrière, attendre, et éviter la dépendance

- rigoler et avoir du plaisir



Ø Conversation et langage



Il est important de féliciter l’enfant lorsqu’il s’exprime bien. Ne pas systématiquement corriger ou critiquer. Avec le langage répétitif, dire « tu peux dire ça trois fois, ensuite, je ne t’écouterai plus ». Apprendre à l’enfant à dire les phrases lorsqu’il ne comprend pas quelque chose ou a besoin de quelque chose. Cela va réduire l’anxiété. Les instructions de groupe peuvent être un problème ; garder en tête que l’enfant ne réalise pas que « tout le monde vient là » implique lui-même aussi ! Utiliser le prénom et donner des instructions individuelles. Les moments de repas sont des opportunités idéales pour promouvoir le bien parlé. Le but est que l’enfant puisse demander ce qu’il veut spontanément. Les moments de repas sont très motivants pour l’enfant. Dans le but d’éviter les écholalies, limiter l’usage de questions directes et préférer les phrases à trous de type : « après le repas, nous allons … » au lieu de « où allons-nous après le repas ? »



Ø Compétences cognitives



Il faut identifier les motivations et forces afin de les utiliser tout au long de la journée. Ex : « nous faisons cela et ensuite nous pourrons faire cela ». Le « travail d’abord jeu ensuite » fonctionne vraiment bien. Pour certains enfants, il faut représenter cela par pictogrammes. Encourager la pensée en proposant une réflexion de type « le bébé pleure parce que… », utiliser toutes les opportunités pour encourager l’enfant à penser. Les ordinateurs peuvent être très motivant parce que l’humain n’existe plus et l’enfant est complètement sous contrôle.



Ø Aménagement de la classe



Avoir un planning journalier disposé verticalement sur le mur, avec une photo de l’enfant en haut et une enveloppe en bas. Lorsque l’enfant finit une activité il prend la photo et la place dans l’enveloppe. Ceci limite l’anxiété. L’enfant est anxieux lorsqu’il ne sait pas ce qui va se passer. Utiliser une musique pour marquer la journée et donner un signal 5 minutes avant la fin d’une activité par exemple. Musique douce pendant les transitions d’activités. Confectionner un album photos de toutes les sorties et événements ainsi qu’un « year book ».

Prévoir des opportunités de quitter la classe en permettant à l’enfant de porter une boîte remplie de livres ou de pousser un ordinateur sur une table à roulettes dans une autre classe.

Réduire les distractions visuelles et auditives, réduire les couleurs, contrastes de texture sur les murs et fenêtres. Placer l’enfant dos au mur et loin du corridor où les autres enfants passent régulièrement. Eliminer les néons trop forts. Tapis au sol pour réduire le brut. Chaise avec accoudoirs. Une chaise à bascule pourrait aider certains enfants. Utiliser des objets de transitions ou pictogrammes pour que l’enfant puisse se préparer à l’activité suivante (ex. musiques comme supports à la transition). Utilisations de couleurs (comme par exemple des sucettes plantées dans un pot de fleurs) comme : rouge= rester assis au bureau et travailler dans le calme, jaune=écouter, vert=activité libre ou un changement est attendu. Rendre plus rythmiques les activités.



Ø Comportement



Pour se faire mieux comprendre, éviter un langage trop complexe. Par exemple, au lieu de « redescends de l’arbre » dire « pose les pieds parterre ». Limiter l’utilisation du « non » aux situations d’urgences uniquement. L’enfant réagit défavorablement à ce mot, particulièrement s’ils l’entendent souvent. Essayer de dire « oui, plus tard » le plus souvent qu’on le peut. Le ton de la voix peut également faire une grande différence. Avoir dans la classe une aire où l’enfant peut se calmer et utiliser la musique, livres à regarder ou un adulte à écouter.







Chapitre 13 : Maison et école





Les transitions maison-école sont parfois difficiles pour l’enfant X fragile. Si la maison et l’école travaillent mains dans la main, ils peuvent minimiser le stress lié à ces transitions et faire une réelle différence dans la vie de l’enfant. L’enseignant peut par exemple montrer aux parents la façon de faire pour renforcer certaines compétences à la maison. Il faut un partenariat pour favoriser l’apprentissage. Développer un calendrier journalier pour utiliser à la maison et à l’école, afin de donner un aperçu à l’enseignant, et au parent, de ce qu’il se passe dans la deuxième moitié de vie de l’enfant. Il y a une technique simple pour stimuler la conversation : parent et enfant s’assoient et choisissent un événement significatif à se remémorer, dessiner et décrire ce que l’on dessine. Il en résultera un langage bien plus descriptif ainsi que des compétences d’observation. Le visuel est leur force, pour beaucoup il est difficile de comprendre les idées abstraites et fantaisistes, préférer le réel et familier. En utilisant des photos et des images, l’agenda maison-école devient un journal excitant sur la vie de l’enfant et une base pour travailler le langage. La communication doit se faire côte à côte et non face-à-face car cela stresse l’enfant. Une approche similaire peut être utilisée pour la gestion du comportement. Le parent s’assied à côté de l’enfant et dessine une petite BD pour illustrer le comportement inapproprié et la réponse désirée.

Les devoirs scolaires doivent être imaginatifs et agréables pour l’enfant et le parent. Cela fend le cœur de voir un enfant de 11 ans envoyé à la maison avec un livre qu’un voisin de 4 ans pourrait lire. Un livre de lecture personnalisé avec des photos de l’enfant, de la famille, des amis peut être un meilleur moyen pour introduire le vocabulaire basique plutôt qu’un schéma traditionnel de lecture. Les livres peuvent être faits à la maison par le parent et l’enfant ensemble et amenés à l’école pour lecture. Le premier livre devrait avoir des photos de la famille et objets favoris avec les mots écrits sous la photo. Pour favoriser la généralisation, un même mot devrait être présenté de diverses façons. Si le parent sait ce qui est travaillé à l’école, le langage associé peut être renforcé à la maison. Les activités pratiques de tous les jours sont les plus grandes ressources d’apprentissage pour l’enfant. La manipulation de l’argent doit être enseignée tôt. Avant d’aller dans un magasin, une image du trajet peut-être dessinée.

Des listes de courses individuelles peuvent être confectionnées en rassemblant par ex des étiquettes dans un dossier.

C’est tellement moins confus pour l’enfant si les activités faites à la maison sont en complément du programme scolaire. L’apprentissage doit être réel et agréable.





Chapitre 14 : Logopédie



Le déficit d’attention, le degré de timidité marqué et l’anxiété sociale ont un impact sur l’habileté de l’enfant à interagir avec succès. L’intervention cogitive-comportementale est un modèle très recommandé. Le comportemental se base sur la description et la définition d’actions et buts en récompensant les actes positifs, et en approchant graduellement de l’objectif final au travers d’une séries de petites étapes successives.

Une interaction appropriée a besoin d’être une expérience positive en soit ou du moins d’amener à un résultat positif pour l’enfant. Les interactions renforçantes sont donc importantes. Pour ce faire on doit être clairs au sujet des compétences et intérêts particuliers de l’enfant, ce qu’il aime et ce qu’il n’aime pas. L’interaction la plus efficace et le jeu coopératif. Pour un enfant, le compliment et une expression faciale (du thérapeute) peut être suffisant, pour un autre, il faut un renforçateur tangible (activité favorite, chanson, jeu, aliment, chatouilles…).

Les problèmes de langage spécifiques au x fragile sont :

- la compréhension du discours

- l’articulation de sons

- la fluidité ou rythme de langage

- le choix du vocabulaire

- l’utilisation sociale efficace du langage

- l’évitement du regard

Pour capter l’attention, il est utile de changer souvent de tâches, entrecoupées par de l’activité physique. Les phrases doivent être courtes et claires avec des pauses. L’attention peut être maintenue en ajoutant des images, symboles ou mots écrits.



Ø Difficultés d’articulation



Pour les problèmes d’articulation, il est important d’utiliser des paires de mots et images où le premier son change (box/fox, ball/fall…). L’enfant doit apprendre à ralentir son débit de langage, musique et rythme peuvent être particulièrement utile pour établir un rythme dans la phrase.



Ø Difficultés dans l’interaction sociale



L’enfant X fragile est timide et socialement anxieux. Il est hypersensible et s’il est surstimulé, il lui faut beaucoup de temps pour se calmer. Beaucoup d’enfants réagissent à l’intensité de l’interaction sociale par l’évitement du regard, mordre leurs mains ou habits, se balancer ou battre des bras. Il est important de réagir dans ce genre de situation. L’adulte doit anticiper les situations potentiellement difficiles pour l’enfant, et les éviter, adapter et/ou préparer l’enfant.

Une situation particulièrement difficile est l’enseignement en face-à-face. Il est plus utile de s’asseoir à côté de lui, en utilisant des incitations physiques si nécessaires pour renforcer les instructions verbales. Les signes peuvent également diminuer la pression sociale en encourageant l’enfant à regarder les mains plutôt que les yeux. L’enfant devrait avoir un modèle à imiter, peut-être par d’autres enfants. Les jeux de groupe et activités où le physique précède et prend la place du langage peuvent être extrêmement utiles.

_________________
Sarah, suissesse, maman de
Robin (19.11.2003), atteint du syndrome X fragile

"La différence trouble, décontenance l'homme dans son souci de perfection. Quant à la peur, elle le rétrécit." Alexandre Jollien, IMC
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chloémama
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MessageSujet: Re: les stratégies éducatives   Mar 16 Fév - 19:02

intéressant tout cela ....

_________________


maman de Théo 1998 né avec une fente labio maxillo palatine
et Chloé 2001 microdélétion sur le chromosome 4
http://deletion4q21.forumactif.com

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http://picasaweb.google.fr/pistache74
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